Testa Mora –
Les rivages du destin
Roman historique de Gilles ANTONIOLI
Ma lecture du mois :
Je vous propose de découvrir, pour ce mois d’août 2026, un auteur nustrale, un corse à l’esprit bien ancré dans l’histoire de l’île de Beauté. Pour la petite histoire, j’avais déjà été attiré par la couverture de ce roman mais ce n’est qu’en rencontrant son auteur et en échangeant avec lui que j’ai franchi le pas.
Cet auteur est Gilles Antonioli, que j’ai découvert à l’occasion lors du salon littéraire « A Torra Nera » qui s’est déroulé à Porticcio (Corse du Sud). De notre échange j’ai retenu quelques éléments que je vous livre ci-après. Ajaccien et écrivain, c’était pour moi une rencontre imparable. Ajaccio, une ville qu’il a pourtant quitté professionnellement voilà plusieurs années, laissant un poste de chef du service marketing chez Air Corsica pour poursuivre sa carrière à Bruxelles. Une connaissance de plus qui partage son temps entre la Belgique et la Corse.
L’écriture n’est pas nouvelle pour lui, il m’explique que cela est devenu une passion de donner vie aux histoires qu’il a en tête, et ça me parle vraiment. Et pourtant Testa Mora est le premier roman qu’il se décide à partager avec le public.
Un récit, résultat de dix ans de travail, commencé lorsqu’il s’est intéressé à un ouvrage évoquant la vie de Giudice da Cinarca. Captivé par cette découverte il s’est rendu compte que la Corse médiévale lui était relativement méconnue, alors même qu’elle recelait : richesse, complexité, et une certaine familiarité avec le quotidien de la Corse moderne. L’envie venait de s’ancrer en lui de transmettre, comme un acte de naissance pour ce récit destiné à éveiller la curiosité des lecteurs et à donner envie d’en apprendre davantage sur ce patrimoine précieux mais méconnu.
En voici le synopsis tel que l’auteur le dévoile :
J’ai choisi d’imaginer, avec la liberté propre au roman, comment la Testa Mora aurait pu arriver en Corse. Pour que l’histoire prenne tout son sens, il m’a fallu replacer l’île dans le contexte méditerranéen du XIVe siècle : Aragon, Pise, Gênes, Sardaigne, la papauté d’Avignon…
Le récit s’ouvre à Avignon, en 1317, sur une tentative d’assassinat du pape, dans une époque où la peur du démon se propageait via les grimoires orientaux, et où les intrigues politiques foisonnaient.
La Corse, elle, attise toutes les convoitises. Diverses trames s’entrelacent dont celle des frères Cortinchi, qui défendent leur château de Patrimonio face à un seigneur assoiffé de vendetta, et celle de Ferrer, un religieux catalan fraîchement arrivé à la curie, qui se retrouve pris dans des intrigues obscures. Une jeune prostituée, qui l’amènera à remettre en question ses certitudes, deviendra son guide dans ce tumulte. »
Mais entrons dans le vif du sujet, sans trop spoiler :
Par manque de temps je n’ai pas lu ce récit d’une seule traite et pourtant ce n’est pas l’envie qui m’en manquait. L’écriture est agréable et fluide alliant, avec facilité, l’alternance diachronique, une écriture capable de mêler avec naturel archaïsme et tournures contemporaines.
Bien entendu il faut au départ se familiariser avec les personnages mais dès que cela est fait on se laisse emporter, passant de la Corse à l’Italie, d’Avignon à la terre d’Aragon.
Les évènements s’enchaînent : d’une région à une autre, d’un fait à un autre, d’une intrigue à une vendetta, laissant juste le temps nécessaire aux lecteurs de se demander ce que réserve la suite une fois la page tournée… Les personnages offrent des caractères affirmés, des qualités et des travers qui les amènent à se découvrir peu à peu. L’homme n’a-t-il jamais échappé à la confrontation entre le bien et le mal, en est-il seulement capable ?
Ressenti :
Sur un fond de l’Histoire du début du XIVe siècle voici un beau récit romancé alliant action, intrigues, oppositions, désirs en tout genre. Un récit qui n’hésite pas à venir jouer les troubles faits dans les vérités historiques sans pour autant y paraître aberrantes.
J’ai vraiment accroché ! S’agissant d’un premier tome, j’attends le suivant avec impatience !
Les traditions, us et coutumes n’ont pas d’âge et bien des situations pourraient encore paraître d’actualité que ce soit dans les relations intrafamiliales, dans l’avidité et la recherche de pouvoir, dans les intrigues politiques ou encore dans les désirs de chaque individu.
Je ne peux m’empêcher de vous partager ces deux citations tirées du récit qui font écho à la Corse :
Citations :
« .. le feu des passions qui couvaient sous cette île savait si bien rougir les moindres offenses, jalousies et rancœurs qu’inlassablement, comme une malédiction, venaient s’y reforger les mêmes lames meurtrières »
« La guerre toujours ! Que ce soit au sein de notre propre famille ou avec les clans d’à côté ! Nous détruisons perpétuellement ce que nous venons à peine de remettre debout au prix de tant d’efforts. Et ne vois tu pas que c’est toute la Corse qui fonctionne ainsi ? Nous ne cessons de nous battre, incapables de nous construire un pays. Pour trouver la paix, il faut s’atteler à lui tailler un chemin sincère. »
Petite mise en garde :
Attention ce roman pourrait bien avoir des effets addictifs !

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.https://www.babelio.com/livres/Antonioli-Testa-Mora-Les-rivages-du-destin/1885218