Interview de l’auteur Stéphane Hamard

Interview de l’auteur Stéphane Hamard

Vous êtes l’auteur d’un récit d’héroic fantasy « L’Héritage de Scortale » décliné en trilogie. Deux volets sont déjà publiés : La source et L’étranger. Comment pourriez-vous présenter cet univers ?

En fait j’ai eu l’envie de créer un univers fantasy directement lié à l’île de beauté et le lecteur pourra en découvrir des éléments, des traceurs au gré des aventures du jeune héros Thomas Santu Avène. Ce récit sent bon le maquis et les montagnes, on y retrouve les valeurs qui caractérisent la Corse ; la famille, le respect, l’accueil et il y est même possible de se familiariser avec la langue nustrale.

Qu’est-ce qui vous a inspiré à écrire ce livre ?

Lorsque je me suis lancé je voulais raconter une histoire sans lien avec mon passé, entre autre professionnel. J’ai toujours aimé le fantastique et la fantasy, je pense que cela y est pour beaucoup. Au moment de me lancer c’était la rentrée scolaire et très vite j’ai eu l’image de ce gamin qui allait pouvoir vivre une aventure extraordinaire dans un monde corse de fantasy médiévale.

Y a-t-il eu un moment précis qui vous a poussé à commencer à écrire ?

Oui, en 2020 j’ai décidé de prendre ma retraire, un possibilité particulière liée à mon emploi qui me permettait de finir plus tôt que d’autres. Mais au bout de deux mois estivaux j’ai compris qu’il fallait que j’occupe mon esprit, que je m’oblige à une activité intellectuelle. Je me suis dit banco pourquoi ne pas écrire. Et en cela j’étais totalement soutenu par mon épouse.

Votre idée a-t-elle évolué au fil de l’écriture, ou est-elle restée fidèle à votre vision initiale ?

L’idée générale de l’histoire s’est fixée en moi dés le départ. Je savais exactement où je voulais en venir. C’est un peu comme si l’axe principal était déjà tracé dés les premiers instants. Donc oui, je suis resté fidèle à ma première envie.

Comment avez-vous développé vos personnages principaux ?

Hum, vaste sujet. En fait je ne construis pas à l’avance, ni l’intrigue, ni les personnages. Je me raconte l’histoire et les personnages y apparaissent d’eux mêmes aux moments opportuns. Bien entendu, tout est parti de Thomas Santu Avène, peut être le gamin qui sommeille bien caché en moi. Puis, je lui ai créé une famille, des amis. Pour les personnage de la Contrée des Monts Servants, ils sont apparus naturellement . Leur évolution a suivi l’intrigue. J’aime rêver et lorsque je me mettais devant le clavier je ne savais pas ce qui allait se passer, ni qui allait apparaître. J’ai travaillé de façon plutôt instinctive.

Est-ce que l’un de vos personnages vous a surpris ?

Je ne dirai pas cela, peut être que je me suis surpris à mettre dans mes personnages différentes facettes de moi, du bon comme du mauvais, je ne sais pas trop.

 Est-ce que certains de ces personnages sont inspirés de personnes que vous connaissez ?

Dans les créations de l’esprit il y a toujours une part qui provient de la réalité. Donc oui, je puise tout autour de moi, que ce soit des traits de caractère, des descriptions physiques, ou même des anecdotes.

Quel message ou thème espérez-vous que les lecteurs retiennent ?

Tout d’abord j’espère que les lecteurs pourront s’évader et rêver tout au long de cette aventure. Si un message devait en ressortir c’est peut être celui de l’apprentissage de la vie. Mes personnages apprennent tout au long du récit, ils évoluent, prennent conscience des responsabilités que peut imposer la vie. Il y a aussi le fait de s’accrocher aux valeurs, celles que j’ai pu reconnaître en Corse, le respect, la famille, l’accueil.

Le thème est-il apparu naturellement ou avez-vous cherché à l’explorer dès le départ ?

Non tout s’est mis en place petit à petit. J’ai certainement été influencé d’une façon ou d’une autre par mes lectures passées mais l’évolution et le positionnement des personnages semblaient couler de source.

 Vos lecteurs ont-ils interprété votre message différemment de ce que vous aviez prévu ? 

Je ne pense pas, du moins pour l’instant. Les retours qui me sont fait tendent à conforter la direction que j’ai voulu suivre.

Quels défis avez-vous rencontrés lors de l’écriture de ces livres ?

Lors de l’écriture, je dirai certainement celui de savoir s’arrêter pour ne pas partir dans tous les sens. Le récit explore un monde que j’ai créé, la tentation est grande quelques fois d’en mettre de plus en plus. Et là, j’ai déjà un nombre important de personnages à gérer et des quêtes à mener. Les plus gros défis sont cependant arrivés après l’écriture, lorsque j’ai pris la décision de m’auto éditer. Car je voulais faire les choses bien et oui c’est un véritable défis que d’apprendre autant de métiers différents.

Y a-t-il une section ou un chapitre en particulier qui vous a posé problème ?

Non, j’ai eu cette chance de ne pas rencontrer ce qu’on appelle vulgairement le syndrome de la page blanche. Alors tout s’est enchaîné naturellement.

Comment avez-vous surmonté les moments de blocage de l’écrivain ou d’épuisement professionnel ?

Dans l’écriture je n’ai rien ressenti de tel. Il faut avouer que je me suis organisé en m’imposant des horaires d’écritures et des limites en terme de page par jour. C’est, je pense, une bonne façon de ne pas être en surcharge. Et si l’on regarde bien l’ensemble du projet, il m’aura fallu cinq ans pour mener à bien cette première aventure. Je préciserai que la création de base en elle même m’a pris environ deux mois par volume. Ensuite viennent les ajustements, les corrections puis tout ce qui va avec l’édition d’un ouvrage et sa promotion. Il faut savoir lever le pied de temps en temps et profiter de la vie.

Une partie quelconque de l’histoire a-t-elle subi des modifications importantes au cours du processus d’écriture ou de révision ?

Non, comme je viens de le préciser pour un volume de 400 pages en moyenne il ne m’aura fallut que deux mois de création littéraire. Ensuite les changements occasionnés n’ont en aucun cas modifié le récit qui pour moi tenait déjà la route. Bien entendu il m’a fallut étoffer un peu les personnages mais rien d’important sur l’histoire en elle même.

Y a-t-il eu un changement majeur qui vous a même surpris ?

Non rien de tel, je me suis laissé porter, l’imagination a fait le reste.

Est-ce que certaines scènes coupées ont été difficiles à couper ?

Il n’y a pas eu de suppression de scène, tout est resté tel qu’à l’origine.

Comment avez-vous effectué vos recherches pour ce livre ?

Principalement via internet, que ce soit pour les descriptions d’objets ou les tenues mais aussi pour des détails sur la façon de faire du feu par exemple. Pour les personnages liés à la magie je voulais qu’il existe un lien avec la Corse alors j’ai recherché dans les légendes et je me suis inspiré de personnages déjà connus comme ceux qui apparaissent dans les contes de Jean Jacques Andreani, tels que les fées, les ogres par exemple.

Quelle a été la découverte la plus fascinante que vous ayez faite au cours de vos recherches ?

Je pense que c’est justement la richesse des légendes liées à la Corse. Pour certaines elles m’ont servi de base bien que très rapidement j’ai voulu donner une vie propre, encore inconnue, à chaque personnage

Vos recherches ont-elles modifié votre plan initial pour le livre ?

Non, elles étaient orientées pour venir enrichir l’histoire, mais en aucun cas pour la modifier, tous les éléments que j’ai pu aller chercher à droite ou à gauche prenaient place naturellement dans le récit.

À quel personnage vous identifiez-vous le plus, et pourquoi ?

Je pense que c’est celui de Toméo Santave. Le côté chevaleresque fait je pense parti de mon tempérament. Les valeurs qu’il véhicule sont également les miennes. Et soyons romantiques, c’est celui qui a la chance de vivre une romance dans ce récit.

L’écriture de ce personnage vous a-t-elle appris quelque chose sur vous-même ?

Non je me connais assez bien. Si cette aventure littéraire devait m’avoir appris quelque chose, je dirai que c’est de me faire confiance et d’avancer sans crainte.

Y a-t-il un personnage que vous aimeriez rencontrer dans la vraie vie ?

Bien sûr, comme beaucoup j’aimerai rencontrer un mentor comme le mage Alvériu, puiser dans ses connaissances et sa sagesse.

De quelle partie du livre êtes-vous le plus fier ?

Je suis fier de l’ensemble de l’histoire, des trois volumes qui la composent, sans distinction. Il faut croire en soi et accepter sans réserve la possibilité de créer quelque chose qui vous soit propre.

Quel sentiment espérez-vous que les lecteurs éprouveront après avoir terminé la trilogie ?

J’espère qu’ils seront comblés par ce voyage dans la Contrée des Monts Servants. Mais aussi qu’ils comprendront ma démarche dans sa globalité car il y a réellement quelque chose à en tirer, que je ne peux, bien entendu, dévoiler mais qui je crois touchera tout le monde.

Quelle est la réaction la plus mémorable que vous ayez reçue d’un lecteur ?

Toutes les réactions m’ont touché. Je ne pensais pas initialement qu’un tel récit irait jusqu’à plaire à un lectorat adulte et pourtant c’est bien ce qui se passe. Au delà même de ce fait, j’ai aussi pu constater que des personnes qui ont lu le premier volume d’abord pour voir ce que je faisais tout en certifiant ne pas être attiré par la fantasy, se sont laissées emporter dans l’histoire en y prenant goût au point de vouloir en connaître la suite.

 Les lecteurs ressentent-ils parfois quelque chose de différent de ce que vous aviez en tête ? 

Non pour l’instant l’osmose semble parfaite. Les lecteurs semblent découvrir ces livres de la même façon que je les ai créés en me racontant l’histoire.

 Quels sont vos prochains projets en tant qu’auteur ?

Régulièrement j’attrape la plume (ou le clavier) pour répondre à des concours de nouvelles ou de poésies, donc cela continuera et alimentera mon site internet. Sinon oui j’ai d’autres projets d’envergure en tête, mais là encore je n’en dirai pas trop, ce sera la surprise.

Allez-vous explorer un thème similaire dans votre prochaine œuvre ? 

Non, mon prochain grand projet devrait me détourner de la fantasy, mais pas de l’Aventure. J’aspire à écrire un récit qui se tiendra au sein même de l’Histoire. Plus particulièrement à l’époque napoléonienne. Mais chut, il ne faudrait pas que l’on me pique l’idée. Je pense que cette aventure se découpera une nouvelle fois en deux ou trois volumes. Elle alliera les références à l’Histoire à une aventure épique et romanesque. Cela me demandera un travail considérable en terme de recherches. Mais ce n’est n’est pas le seul de mes projets, il en fourmille tant dans mon esprit…

L’écriture de ce livre a-t-elle changé votre perspective sur la narration ?

Non pas spécialement j’aime la façon dont je crée et me laisse porter. Cependant seul l’avenir pourra répondre à cette question.

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