Corrections, un bien long chemin

Corrections, un bien long chemin

Ce que je vais aborder dans ce nouvel article n’est que la représentation de mon propre ressenti et de ma méthode de travail. Écrire une histoire, pondre un manuscrit, n’est que la première phase traversée, le plus souvent avec bonheur, par l’auteur. Ensuite suivent des étapes beaucoup plus studieuses qui ne laissent plus de place à la rêverie.

Pourquoi cet article ?

Si j’ai décidé d’écrire sur le sujet de la correction, et surtout de la méthode qui est la mienne, c’est pour aider et parce que de nombreuses questions m’ont déjà été posées pour savoir comment je traversais ce long chemin. Car, oui, il s’agit d’un périple qui, pour moi, est plus long que La création en elle-même, un parcours semé d’embûches.

L’erreur est humaine et il est possible de trouver quelques rares fautes de français, oublis ou fautes de frappe dans un livre, même dans ceux d’auteurs reconnus. Mais pour limiter au maximum cette déplaisante sensation, rien de tel que le travail.

Gardons en mémoire cette citation de l’écrivain français Nicolas Boileau, qui, en 1674, écrivait dans « L’Art poétique » :

« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »

Je n’irai peut-être pas jusqu’à vingt fois, mais, malgré tout, une correction mérite de revenir à de nombreuses reprises sur son texte.

Ma méthode :

Voici les différentes étapes de correction depuis la création du manuscrit :

1/ Il est rare que j’écrive sur papier ; il faut vivre avec son temps. C’est donc à partir des touches du clavier que tout apparaît. Que ce soit sur les logiciels LibreOffice ou Word, il est courant de voir certains mots soulignés de couleur : là apparaît la première occasion de lancer la correction. Mais je vais être clair : à ce stade, je laisse souvent libre cours à la création et j’avance dans le récit sans trop m’arrêter sur ces détails. Je sais par avance que je m’y pencherai sérieusement beaucoup plus tard.

2/ Une fois mon texte abouti (selon moi, bien entendu !), il est temps de commencer. Mon premier réflexe est de soumettre ce texte au « Robert correcteur ». Il s’agit d’un logiciel dont j’ai acheté la licence (pour la modique somme de 70 euros). Il m’indique différentes fautes de grammaire et d’orthographe, mais me signale également les phrases dites incorrectes, souvent pour des problèmes de syntaxe, de mauvaise construction ou encore de ponctuation inadaptée. L’avantage est qu’il ne fait que proposer et ne corrige pas automatiquement. C’est donc à moi de faire les bons choix.

Codification colorée « Le Robert correcteur » :

3/ Ensuite arrive le moment de pousser plus loin mes vérifications. Pour cela, j’utilise l’application « Orthographe » du site Scribens. Pour un aspect économique, je reste en accès gratuit, ce qui limite le nombre de caractères acceptés. Pour autant, cette application me permet de gérer mes corrections par sections de quatre pages. Là encore, il ne s’agit que de signalements portant sur l’orthographe, la grammaire, les parties à examiner, la typographie et la ponctuation (chaque élément remarqué étant surligné d’une couleur appropriée).

Codification colorée « Scribens »

4/ Ces deux aides à la correction apportent un confort certain, d’autant que chaque relecture d’un texte, surtout s’il est conséquent, entraîne des loupés car, connaissant le texte, le cerveau a tendance à créer des raccourcis et ne voit plus les fautes qui, quelquefois, sont flagrantes. Pour ce qui est des signalements portant sur les phrases incorrectes ou à examiner, je me sers d’une troisième application relativement efficace ; il s’agit de l’application « correcteur » du site « Reverso ». Là encore, je n’ai pas voulu payer pour avoir un accès illimité, alors je me limite à insérer des phrases qui me posent problème ou que, par doute, je préfère vérifier. Cette fois, pas de signalement : Reverso corrige directement en mettant en couleur les mots sur lesquels il intervient.

Exemple d’indication de Reverso :

5/ Une fois ces étapes passées, et sans pour autant être paranoïaque, je sais qu’il me faut de nouveau intervenir. Cette fois, c’est directement depuis la suite bureautique utilisée que le travail se fait. Plus précisément avec l’outil de recherche. En fait, à force d’écrire, il devient possible de connaître nos erreurs et travers. Alors, par exemple, pour ce qui relève du futur ou du conditionnel, je tape « ai » en recherche et vérifie chaque utilisation de ces deux lettres. Je me sers également de cet outil pour rechercher des mots qui je le sais, peuvent revenir trop souvent. À ce moment-là, j’essaie au maximum de trouver soit un synonyme soit une autre formulation.

6/ Voilà, arrivé à ce stade, je commence à avoir un texte relativement correct. Je dis bien relativement, car un correcteur n’est pas un « arbitre absolu » : il repose sur des règles, des modèles linguistiques et des choix éditoriaux. Il est donc normal que deux outils, même de qualité, aboutissent à des diagnostics différents.

Pour exemple dans la version de texte suivante, sont recensées une bonne vingtaine d’erreurs de natures différentes. Certaines sont « évidentes », d’autres sont volontairement plus ambiguës. C’est précisément ce type de texte qui permet de montrer que les trois correcteurs n’ont pas les mêmes priorités ni les mêmes limites : certains seront très performants sur les accords, d’autres sur le style ou les répétitions, et quelques erreurs pourront également être laissées de côté par tous.

Le Robert Correcteur

Scribens

Reverso

Et pourtant aucune de ces trois aides numériques n’aura décelé ces quelques fautes :

Texte corrigé :

L’utilisation des correcteurs automatiques est devenue presque indispensable aujourd’hui, mais ils ne corrigent pas toujours tout. Beaucoup de personnes pensent qu’il suffit de cliquer sur un bouton pour qu’un texte soit parfait. Or, c’est rarement le cas. Aujourd’hui, j’ai relu plusieurs articles qui contenaient des erreurs qu’aucun logiciel n’avait signalées, ce qui m’a vraiment surpris. Les décisions qu’ils ont prises montrent pourtant que les outils peuvent parfois se tromper, voire proposer une correction qui modifie le sens du texte. Certaines phrases, bien qu’elles paraissent correctes, manquent de logique ou sont ambiguës sans que le correcteur les détecte. D’autres fois, il propose des corrections qui ne sont pas adaptées au contexte, et il arrive qu’il se trompe sur des mots pourtant simples. Les outils sont très performants pour l’orthographe, mais beaucoup moins lorsqu’il s’agit de comprendre ce que l’auteur a voulu dire ou laisser sous-entendre. Il arrive aussi que des fautes de ponctuation, des répétitions, des accords complexes ou des formulations maladroites passent complètement inaperçus. Bien qu’ils soient de plus en plus efficaces, il vaut mieux comparer plusieurs correcteurs plutôt que de leur faire entièrement confiance et prévoir une relecture humaine. Finalement, la meilleure correction reste souvent celle que l’on fait soi-même, après avoir pris le temps de relire attentivement son texte, car aucun logiciel n’est infaillible.

Donc, après cet aparté, pour revenir à ma méthode, est venu le temps de soumettre mon texte à un regard neuf. Pour cela, j’ai la chance d’avoir autour de moi des personnes qui acceptent de m’aider et qui lisent en ayant le crayon à proximité. L’occasion pour moi d’effectuer une nouvelle relecture et de prendre en compte leurs remarques.

Après tout ce protocole, je ne dis pas qu’il ne reste aucune coquille, je vous l’ai dit au départ l’erreur est humaine, mais en général le texte devient de très bonne qualité.

Et surtout, en conclusion, je vous dirai de ne jamais oublier qu’un correcteur est une aide à la relecture, pas un substitut au jugement du rédacteur.

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